6 novembre 2019

Le jour où mon fils a appris à faire du vélo



C'est l'heure de te raconter une petite histoire. Je ne sais pas si c'est le temps plus frais et qui nous force à rester au chaud dans son pull doudou ou simplement ma fierté de papa qui me donne envie de raconter cette histoire. Toujours est-il que je m'apprête à te raconter comment mon fils aîné a appris a faire du vélo au printemps dernier, comme un grand, sans les roulettes ! Comme l'annonce le titre de l'article, il y a bien UN jour en particulier ou on peut dire que mon Petit Prince a appris à faire du vélo. Mais il faut préciser que ce processus a commencé bien avant ce 21 mai 2019. Comment je m'y suis pris pour le préparer ? Comment a-t-il enfin réussi à se lancer ?


Mon Petit Prince, c'est pas un casse-cou. Disons qu'il aime être à peu près sûr qu'il va réussir quelque chose avant de l'entreprendre. Il réfléchit, beaucoup. Et le cas du vélo, du moins du vélo sans les roulettes (bah oui, les stabilisateurs pour vélo 26 pouces, ça n'existe tout simplement pas) ne fait pas exception. On en a discuté lui et moi, et ce depuis que notre petit voisin du même âge avait un jour dit à son papa "je veux plus des roulettes".

Quand on lui a acheté son nouveau vélo parce que le sien devenait trop petit et que son petit frère allait en avoir besoin, je lui ai donc demandé s'il voulait apprendre à en faire sans les roulettes sur son vélo de grand ou s'il voulait que je lui achète des roulettes pour lui laisser le temps de se décider. Et quand il a choisi l'option roulettes, je n'ai pas insisté, pour ne pas le brusquer ni lui mettre la pression. De toute façon, il a bien vu que les vélos de la taille du dessus n'avaient pas de roulettes et que les stabilisateurs additionnels n'était pas disponibles dans la taille du dessus.

Le sujet est revenu à plusieurs reprises. Surtout quand on bricolait sur les vélos dans le garage ou qu'on voyait des camarades de sa classe arriver sans les roulettes à l'école. Lui, il avait un argument pour ne pas essayer. Selon lui, il n'était pas assez grand et il devait attendre de l'être autant que moi pour apprendre à en faire. Je lui ai expliqué que j'avais appris à en faire quand j'avais à peu près son âge et qu'il n'y avait donc pas besoin d'attendre autant avant d'essayer. Attention, je me suis bien gardé de lui dire des choses du genre "moi à son âge je savais déjà en faire", évidemment ça n'aurait pas été constructif. J'ai plutôt essayé de lui faire comprendre qu'il était assez grand pour décider lui-même quand il voudrait apprendre.

Pour l'anecdote, je me souviens d'une fois où je réparais une crevaison sur mon vélo, je lui ai enlevé ses roulettes (2 écrous à enlever, c'est pas bien long) et je lui ai demandé s'il voulait essayer. Il m'a regardé, a pris le vélo et m'a dit d'un ton très sérieux : "mais tu vois bien que je ne peux pas, regarde quand je le lâche, il tombe".

Et là il a lâché le vélo.
Et boum.
En effet, il tombe.

Pas certain que c'était le bon moment de lui expliquer que l'effet gyroscopique allait empêcher le vélo de tomber. J'ai donc fait pareil avec mon vélo pour lui montrer que le mien ne se tenait pas plus debout tout seul, et je lui ai dit que c'était à lui d'apprendre à ne pas tomber, à trouver son équilibre. Sans pour autant lui proposer à nouveau d'essayer.




Et puis, un mardi ensoleillé du mois de mai, ça lui a pris, comme ça, en rentrant de l'école avec son vélo à roulettes, alors que Petit Coeur était encore à la crèche. Je ne me souviens plus des mots précis qu'il a utilisés, mais en gros c'était "Papa, c'est bon, je suis prêt, je veux faire du vélo sans les roulettes. Maintenant.". On avait bébé dans la poussette, il était encore en uniforme,  on avait prévu de rentrer goûter, mais on avait pas d'impératif et peu importait l'heure du goûter finalement. Melissa et moi, on a été si surpris qu'on a pas voulu refroidir son enthousiasme. Puisque rien ne s'opposait à une séance d'apprentissage, on s'y est mis de suite. Sous le regard curieux de maman et de bébé, on a démonté ensemble les roulettes, puis on est allé à pied avec son vélo à la main jusqu'au parc à coté. Je lui avait suggéré cet endroit puisqu'il est très légèrement en pente et couvert d'herbe, donc pas mal pour un galop d'essai. Il est monté sur son vélo, je lui ai donné un petit coup de pouce par la selle pour lui donner un peu d'élan, en lui expliquant que plus il allait vite, moins il risquerait de tomber. Je l'ai lâché quand je n'arrivais plus à suivre derrière et.. hop, c'était parti ! Une dizaine de mètres plus loin, il s'est arrêté tout seul, faute d'avoir pédalé assez, et j'ai vu son visage s'illuminer. "J'y suis arrivé !" qu'il m'a lancé. "Viens me pousser, j'y retourne".




La fierté dans son regard d'y être arrivé, je ne l'oublierai jamais. Pour lui, ce n'était pas moi qui lui avait appris, c'est lui qui y était arrivé, tout seul. Il n'avait pas encore toute les cartes en main pour en faire totalement tout seul, mais il avait pris une confiance en lui qui m'a fait vraiment plaisir à voir. Alors à chaque fois qu'il tombait ou qu'il se prenait un arbre (bah oui, il ne savait pas encore tourner, alors c'est arrivé, mais en douceur, enfin, à peu près), il m'appelait pour le relancer. Et on a fait ça pendant un long moment cet après-midi-là, pendant que maman et bébé nous observaient en souriant.

L'équilibre, c'était fait. Restait à lui apprendre à tourner et à freiner - ça peut servir ! Il a très bien compris ces nécessités quand est arrivée l'heure de rentrer à la maison et que le trottoir avait la bonne idée de ne pas être en ligne droite. Le lendemain, on a repris les vélos (cette fois, pas question pour moi de courir tout l'après-midi derrière) et les petits cônes de chantier en plastique qu'on avait eus avec son tracteur à pédales. Ils allaient nous servir à faire un parcours en zigzag. Je lui ai expliqué comment tourner sur son vélo, lui ai fait une démonstration avec le mien, puis il a essayé. Il a bien roulé sur un ou deux cônes, mais à force d'exercice et d'encouragements, il a pris assez d'assurance pour essayer le slalom entre les arbres. Les mêmes qui s'étaient mis en travers de son chemin la veille. Un petit atelier freinage de plus, et voila comment, une demi-journée plus tard, il savait tourner et s'arrêter. Lui restait plus qu'un ennemi à vaincre : les couloirs étroits.

Ce n'étaient pas encore les vacances scolaires, et le trajet du lendemain pour aller à l'école n'avait pas été hyper concluant. Les haies sur le coté lui faisaient peur, et il ne prenait donc pas assez de vitesse, et s'arrêtait donc tous les 2 mètres, littéralement. Alors, quelques jours plus tard, on est retourné dans le parc pour faire quelques exercices avec nos cônes et faire des parcours sur les trottoirs, sans avoir la pression de l'heure d'arrivée à l'école. Et l'affaire était dans le sac.

La semaine suivante, c'était les vacances, enfin, et ce p'tit bonhomme de six ans savait faire du vélo. Seul, et sans les roulettes. C'est là qu'on est parti en famille en Tunisie. Et avec sa flambant neuve confiance en lui, figure-toi que Petit Prince s'était fixé lui même un nouvel objectif pendant notre séjour : apprendre à nager sans les brassards. Ce qu'il a fait, moins d'une semaine après avoir réussi à faire du vélo sans les roulettes. Voilà comment mon petit gars était devenu un grand !


Et toi ? Tu te souviens du jour où tu as appris à faire du vélo ?



Golden Daddy


1 commentaire:

  1. C'est toujours une sacrée aventure d'apprendre à faire du vélo sans roulettes! et une victoire. L'idée des plots de chantier est à retenir, cela fait un vrai circuit pour devenir un pro de la conduite, et l'idée d'utiliser les objets d'un autre jeu est vraiment cool. Perso j'ai appris à faire du vélo sans roulettes dans la cour de sable de chez mes grands parents. C'était ma soeur qui me tenait au début et sans m'en rendre compte, je me suis lancée seule... jusqu'à ce que je prenne conscience que plus personne n'était derrière à me tenir, et c'est là où je suis tombée! Depuis, faire du vélo est devenu un vrai plaisir, tant pour la balade que pour le côté pratique du déplacement écologique et silencieux.

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