30 mai 2018

Mes premiers jours de papa, à la maison



Après le retour à la maison, il y a ces quelques jours où le rythme prend le pas sur la nouveauté. Un rythme un poil chaotique orienté autour des besoin de bébé. Il y a ces moments indispensables à rajouter à ton planning et ce petit être qui monopolise toute ton attention. Pendant ces premières semaines, on pourrait penser que monsieur bébé se contente de suivre une routine très simple qui consiste à manger, dormir et se salir. Mais c'est oublier deux choses importantes : il t'aime, et quoi qu'il fasse, tu l'aimes. Tu ne peux rien y faire. A part savourer, profiter, apprécier. Certains parents redoutent ces premiers jours seuls chez eux, où ils doivent gérer un nouveau-né pour la première fois, sans l'aide des équipes de la maternité. Et c'est vrai que c'est pas toujours simple, le tout début, quand on n'a jamais connu ça avant. Alors ça ressemble à quoi, au juste, les premiers jours à la maison d'un tout nouveau papa ?


Une fois que notre premier bébé est né, qu'il est arrivé à la maison et que la vie a repris son cours, on a pris le temps de faire connaissance un peu plus lui et moi. Pendant ses moments d'éveil, il était déjà possible de "jouer" avec lui. Lui montrer des objets, des photos, le promener, lui sourire. J'aimais aussi lui raconter des choses, même si je n'étais pas certain qu'il les comprenait. Ce qui est sûr en tout cas c'est qu'il aimait nous écouter. Et aujourd'hui encore, alors que bébé numéro 3 est en cours de chargement, je lui parle, je lui raconte des choses dont il se moque certainement, comme savoir ce que j'ai mangé ce soir, l'objet de mes dernières lectures ou la dernière bêtise de son/ses frère(s).

La communication commence in-utero et c'était tout naturel pour moi de poursuivre ces échanges après la naissance. Et je te raconte pas la vague d'émotion quand ton fils te sourit pour de vrai, même quelques jours seulement après sa naissance ! Tu le sais qu'il n'a pas tout compris, mais tu vois qu'il est heureux que tu lui parles. C'est indescriptible et on a eu la chance pour nos deux garçons qu'ils nous gratifient de vrais sourires volontaires "dirigés" peu après la naissance (voire même le lendemain à peine pour le Petit Coeur). Il suffisait de leur parler d'une voix joyeuse pour les voir réagir et sourire. Un bonheur sans nom qui dépasse la fatigue des premiers jours et l'appréhension de ne pas forcément savoir comment s'y prendre.

Ma mère m'avait encouragé à le sortir régulièrement, à le promener, même si la météo ne s'y prêtait pas, histoire de lui faire prendre l'air. C'est ce qu'on a fait. Pour le deuxième, c'était "plus simple" puisqu'il fallait promener Petit Prince, et lorsqu'il avait à peine cinq mois, il a été temps d'emmener son frère à l'école tous les matins. Et même à nous, nouveaux parents, avec nos cernes et notre manque de sommeil, ça nous faisait du bien. Merci le congé paternité !




D'ailleurs, en parlant de sommeil, il faut que je te raconte LA raison qui faisait que nos nuits n'étaient pas de super qualité. Petit Prince avait quelques coliques et de fortes régurgitations dès les premières tétées. "C'est normal" que nous répétaient les sage-femmes et auxiliaires de puériculture. Du coup, les nuits ont tout de suite été chaotiques. Il était prévu qu'il puisse dormir dans notre chambre les premiers jours/semaines, pour simplifier l'allaitement. Cela éviterait à Melissa d'avoir à changer de pièce à chaque fois que môssieur avait faim. Mais lorsque nous l'avions entendu grogner, péter et rouspéter pendant son sommeil, il a très vite gagné sa chambre, il faisait tellement de bruits même lorsqu'il dormait tranquillement que nous on pouvait pas fermer l'oeil. C'est à ce moment qu'il a pris le surnom de "Godzilla".

En revanche, lorsque les bulles d'air avaient du mal à passer dans ses intestins (parce que c'est bien de cela qu'il s'agissait - merci le rototo après la tétée), il pleurait et n'arrivait pas à s'endormir, peut-être un peu trop stressé par toute cette agitation intestinale et ces douleurs. Seule solution : "la boulette" (aucun rapport avec Diam's, je te rassure). On l'avait surnommé comme ça aussi puisqu'il se retrouvait en boule, les genoux remontés sur le bide, face à papa, la tête plaqué contre mon torse. Et il arrivait à s'endormir dans cette posture pour le moins douteuse. Moi, je me mettais au centre du lit pour éviter qu'il ne tombe et ne manquais pas de me réveiller quelques heures (minutes ?) plus tard, sursautant à cause d'un rêve où je suffoquais. Ce n'était que le stress d'avoir à faire un effort supplémentaire pour respirer (c'est qu'il n'était pas bien lourd - 2,7kg - mais que dormir avec ce poids sur le buste ça pèse quand même pas mal, mine de rien !). Bref, ce réveil un peu bizarroïde, c'était le top départ pour téléporter tout doucement le Petit Prince dans son lit. Si la posture était maintenue pour lui, il ne se réveillait même pas pendant le transfert Papa/lit. Sinon, c'était reparti pour un petit tour. C'est vrai que sur le coup, j'avais tendance à râler (encore). Clairement c'est crevant et pas bien agréables d'avoir des nuits hachées par des pleurs et un sommeil très moyen pour le peu que tu dors. Mais ces moments étaient tellement chargés d'émotion qu'ils sont gravés dans ma "mémoire des moments agréables", et que j'y repense avec une certaine nostalgie, cinq ans et demi plus tard.




Les nuits en gruyère, c'est le lot de tous les jeunes parents, et sur le coup, qu'on soit papa ou maman, il y a des moments où on a l'impression qu'on s'en sortira pas, qu'on est beaucoup trop fatigué pour assurer. Et puis au bout de quelques temps, on trouve des solutions aux petites et grosses misères de bébé, on trouve des moyens de l'apaiser, de soulager ses maux de ventre, de le rassurer. On développe, avec un certain instinct, une faculté assez insoupçonnée : celle de savoir comprendre son nouveau-né et de répondre à ses besoins. C'est comme ça qu'on devient papa et maman, en fait : sur le tas, dans la galère, face à des situations qui nous font un peu paniquer au début et qu'on se surprend finalement à trouver les bonnes solutions.


Au petit matin, c'était le moment de la toilette et de la réconciliation. Après une nuit plus ou moins chaotique, il fallait lui faire ses petits soins et, un jour sur deux, le bain. Ah, le bain, c'était un vrai moment de relaxation pour lui, et mois je savourais. Le bain, je peux te le dire, c'est mon truc de papa, pardon de Papa avec un grand "P". J'aime tellement leur donner le bain, les sentir se détendre, profiter de l'eau chaude, se délasser dans leur petite baignoire ou la température est plus controlé que celle du four la cuisson d'un soufflé (pas le même réglage de thermostat, on est bien d'accord). Il a fallu plusieurs tentatives pour trouver sa température idéale. Petit Prince n'aimait pas trop quand l'eau était à 36,8°C. Môssieur préférait à partir de 37,3. Idéalement 37,5. Quand j'ai trouvé le truc et que je le voyais si pépère dans l'eau, avec ses grands yeux bleu pétrole qui me fixaient, je me suis rendu compte à quel point ça me faisait du bien à moi aussi de partager ça avec lui.




Franchement, j'ai hâte de revivre ces petits moments de bonheur simple. Les premiers jours d'un papa, c'est pas tout à fait les vacances, mais c'est inoubliable.



Et toi, as-tu appréhendé ou appréhendes-tu ces premiers jours avec bébé ? Ai-je réussi à te rassurer ?

Golden Daddy

25 commentaires:

  1. Coucou Denis! J'ai du temps pour commenter aujourd'hui, alors j'en profite :) Franchement, ce genre d'article est une bénédiction, une transmission essentielle: parler à son bébé, de tout et de rien, c'est tellement important pour son éveil, son bien-être, son vocabulaire. Il ne s'agit pas de surstimuler bébé mais bien de l'intégrer comme membre à part entière de la famille. C'est tellement important. Ce que tu expliques pour le bain est tellement adorable de ta part et tellement essentiel aussi, c'est apprendre à connaître son enfant, ce qui lui fait du bien, ce qui le fait se sentir bien, savoir l'apaiser tout au long de sa vie d'enfant... <3

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, merci beaucoup pour ton message, ça me touche !

      Supprimer
    2. Moi j'ai bébé en cours de telechargement 19SA+1.
      C'est un baby boy voulu mais plus le temps nous rapproche plus j'appréhende son arrivé.

      Supprimer
    3. Coucou Elodie, c'est normal d'appréhender, c'est un changement tellement énorme dans une vie !
      Bon courage pour la suite de ta grossesse!

      Supprimer
  2. Hello !
    Pour ma part, les premiers jours continuent d'être compliqués, la faute à ce foutu RGO. On alterne petits moments de discussions sympathiques à base de aheu aheu, avec des séances de biberons qui sont toujours compliquées. Mais on suppose que ça va finir par se tasser...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha oui, fioutu RGO. Sois confiant, ça passera. Et avec le temps, tous les souvenirs seront bons, rassure toi ;--)

      Supprimer
    2. C'est trop mignon! J'appréhende un peu le retour à la maison à 3. Je sais que je me débrouillerai tant bien que mal parce que je n'aurai pas le choix de toute façon... Mais c'est pour mon conjoint que je m'inquiète. Certains hommes comme toi paraissent sereins même si c'est un premier bébé. Mon mari n'a pas vraiment l'air impliqué dans la grossesse... Pourtant déjà deux échos à notre actif. Dont la T1 il y a quelques jours... Mais je le sens tellement détaché de ce petit bonheur qui grandit... Il me dit qu'il prendra conscience à la naissance. Et j'ai peur qu'il saute en retard dans ce train déjà lancé à toute allure et qu'il soit dépassé... As tu des mots ou des conseils que je pourrais lui dire pour le rassurer? Je lui dis déjà qu'il sera un futur super papa. Mais lui me répond qu'il est pas si sûr...

      Supprimer
    3. Coucou
      N'oublie pas que nous les papas, on a pas autant de sensation que vous les mamans. On a pas la connexion H24 avec un bébé qu'on ne peut que sentir à travers vous. Mais beaucoup se débloque le jour de la naissance, et ce n'est pas trop tard. C'est même le moment parfait.
      Moi je dis que tant qu'il y a déblocage, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Alors rassure toi, le simple fait de lui avoir dit que tu es certaine qu'il sera un bon papa est déjà énorme.
      A la limite, invite le à s'investir pendant la naissance. Que ce soit sur les premiers soins du bébé, sur ton soulagement (apporter de l'eau, te ventiler, etc.), ca peut l'amener à s'intégrer à ce processus.

      Bon courage et plein de bonheur à vous 2+1

      Supprimer
    4. Merci beaucoup! Je prends note de tes précieux conseils!
      Plein de bonheur à vous 4+1 ♡

      Supprimer
  3. Bah dis donc ça me rajeunit pas, de lire tout ça... et ça fait tout bizarre de te revoir avec ce mini-nous tout neuf, tout jeune et sans barbe que tu étais ! Il s'en est passé du temps, dis-donc ! Entre temps t'as gagné en expérience et en assurance... j'ai trop hâte de voir ce que ça va donner avec Baby n°3 ! =)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai vachement hâte aussi. Je n'aurais pas cru il y a 6 ans que je serais devenu celui que je suis aujourd'hui, et tu y es pour beaucoup ;-)

      Te kiffe !

      Supprimer
  4. Bonjour Denis,
    Cet article est vraiment adorable! Il m'arrive souvent de rêver à comment sera mon compagnon avec nos petits nous.
    Bonne journée
    Audrey

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Coucou Audrey,

      Merci pour ton message ! Je suis certain que ça va bien se passer !
      La bise !

      Supprimer
  5. Hello
    Pas d’enfant mais j’imagine tellement comment ça sera quand je serais enceinte : chéri qui papote à Bb, qui raconte des bêtises.
    Quand il sera né et qu’on aura ces petits moments de complicités etc.
    Ça donne tellement envie !

    Finalement tes appréhension avant naissance se sont-elles vite envolées ?

    Biz

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Complètement envolées ! C'est la magie de la naissance. Tu prépares le terrain mais la vie trouve toujours son chemin.

      Content de savoir que j'arrive à donner envie avec ce type d'article.
      La bise !
      A bientôt

      Supprimer
  6. Article très émouvant. Pour un papa c'est magnifique de pouvoir ressentir ce qu'il ressent (la plupart ne le communique pas). De mon côté je suis maman d'un petit bout de 9 mois et franchement je me suis débrouillée toute seule (le papa ne m'a franchement pas aidé) et voir un papa comme toi s'impliqué comme ça c'est tout simplement magnifique
    Bonne continuation

    Justine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ton message Justine. Je suis désolé d'apprendre que tu aies du te débrouiller toute seule. C'est entre autre pour cette raison que j'ai eu envie d'ouvrir ce blog : pour montrer aux papas et futur-papas qu'il n'y a pas de honte à s'occuper de ses enfants, et qu'au contraire, c'est beaucoup de bonheur.
      Bon courage

      La bise et à bientôt
      Denis

      Supprimer
  7. Cet article m'a bien fait sourire car Je suis en plein dedans : la tête dans le guidon du matin au couché depuis un mois. Mais c'est tellement mignon et surtout le temps passe tellement vite. C'est ce que je me dis quand les nerfs sont prêts à lâcher vers 5h du matin, qu'il faut profiter même des moments difficiles car ils passent trop vite.Bon courage pour les futures nuits difficiles mais chargé d'amour et d'émotion.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Héhé, merci beaucoup. La tête dans le guidon, c'est bien vrai ! Il faut juste pas oublier les rares petites pauses pour profiter. Mais ça vaut tellement le coup. Tu es dans la phase la plus difficile (à mon sens). On en reparlera quand les miens seront ado ;-)

      A bientôt

      Supprimer
  8. Salut Denis !

    Pour ma part, j'avais tellement hâte de rentrer chez moi à la fin de mon séjour à la maternité que je n'étais plus vraiment stressée. Sauf pour le bain. Ce qui fait que j'ai du donner une fois le bain quand il était tout bébé. Sinon c'était toujours le papa. Et puis c'était leur moment rien qu'à eux comme ça =). Enfin j'ai été super contente quand on m'a parlé du bain libre vers 3 mois, une révolution pour nous et pour mon fils qui appréciait beaucoup plus les moments du bain comme ça.

    C'était les couchers qui étaient assez difficiles, Monsieur ne voulait pas dormir ailleurs que dans nos bras. Je remercie la sage femme qui m'a parlé du cododo et qui m'a encouragé à le faire. On a pu vite trouver une sérénité pour dormir tous ensemble =)

    En tout cas, une chose est sûre, c'est que je serais plus tranquille pour le prochain !

    À bientôt,

    Bénédicte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hello Bénédicte,
      C'était très bon signe que tu aies envie de rentrer chez toi. Et oui, le bain c'est vraiment un truc de papa. Je pense que le mélange de technique et de contact avec le bébé, c'est spécialement fait pour nous.

      La bise et merci pour ton message
      A bientôt

      Supprimer
  9. C'est trop mignon j'adore 😍 jai que 19 ans et pas de projet de bébé pour l'instant mais je lis quand même tous vos articles/videos avec Mélissa. Je vous envie beaucoup vous avez l'air si heureux !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup Cindy pour ton message !

      Supprimer
  10. Coucou Denis! J'appréhende énormément oui. Même si les vidéos de Melissa m'aident beaucoup, c'est un peu comme avoir une amie qui t'explique et te rassure. Malgré tout, il y a des jours où je me demande si on va y arriver, être à la hauteur. :) C'est tellement de changement. Je vais rentrer dans mon 4ème mois et rien que de me penser qu'il faudra choisir un hôpital, je panique. Je vis à Rome depuis 7 ans maintenant mais je ne sais pas trop par qui être conseillée. Je m'informe sur des revues naissances, des sites internet. J'irais également visiter une ou deux maternités au cours du 6ème ou 7ème mois.
    Les nuits "gruyère" me terrorisent aussi. Je vivrais très mal le manque de sommeil. D:
    Merci pour ton témoignage à travers cet article. Bisous à toute votre famille. <3

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Coucou Pauline
      Je pense que le simple fait de se demander si on est à la hauteur est déjà un signe que l'on est a la hauteur. Tu arrives à me suivre dans le raisonnement ?
      Je ne sais pas comment se passe le suivi de grossesse en Italie, mais je suis certain que tu peux être accompagné d'une manière ou d'une autre (ton généraliste, un sage-femme, ...)

      J'avais peur de ne pas avoir assez de sommeil et d'en souffrir, mais curieusement, ça va, j'ai bien supporté ce type de changement. Je suis sur que tout va bien se passer. Bon courage !

      A bientôt

      Supprimer

L'espace des commentaires est là pour te permettre d'exprimer ton opinion sur le sujet en cours, de proposer des alternatives à mes écrits (je n'ai pas la science infuse) ou juste de faire part de ton humeur. Par contre, si tu viens ici juste pour déverser de la colère, tartiner ta "pseudo-culture" ou si tu n'es pas d'humeur à débattre intelligemment, passe ton chemin ! On est là entre potes.